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 Les prêtres en Egypte ancienne

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Diana


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MessageSujet: Les prêtres en Egypte ancienne   Dim 23 Fév 2014 - 12:59

Les prêtres en Egypte Ancienne

Si en théorie Pharaon dirigeait seul l'Égypte, dans la réalité il s'appuyait sur une administration disciplinée et hiérarchisée, formant une classe sociale hétérogène suivant les fonctions occupées, même s'il existait un puissant esprit de corps. Le monde des fonctionnaires était en effet un dédale de situations différenciées, de spécialisations, mais ayant en commun le service du roi et le sentiment exaltant d'agir par délégation du souverain pour le maintien de l'ordre cosmique.

Dans un pays où la religion était omniprésente, il n'est pas surprenant que la classe sacerdotale ait été un des piliers de la société. Même aux moments les plus noirs de l'histoire égyptienne, par exemple sous la première domination perse, la vie dans les temples était très animée et les prêtres conservaient leur aura.

La vie religieuse de l'Égypte est entretenue par un personnel spécialisé. Chaque divinité, chaque temple possède ses prêtres. Souvent extrêmement riche, c'est à partir du Nouvel Empire qu'un clergé se constituera, assumant des fonctions religieuses et laïques.

(Les calendriers de fêtes religieuses gravés sur les murs des temples sont basés sur les mois lunaires, l'observation des étoiles et la crue annuelle du Nil. - Haut-relief de Kom Ombo - Photo : © Lucia Gahlin)


Une définition délicate

S'il est vrai que le temple d'Amon à Karnak (Ipet Sout) emploie 81 322 personnes vers la fin du Nouvel Empire, comme le mentionne le papyrus Harris, alors il est clair que les temples sont les principales sources de travail du pays. Rien ne dit que ces 81 322 personnes soient toutes des prêtres. En fait, il n'est même pas sûr qu'aucun de ces employés du temple ait été des prêtres dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui.

La traduction conventionnelle des anciens termes égyptiens est parfois trompeuse car elle utilise des mots qui ont un sens et des associations spécifiques pour nous. Par exemple, l'expression hem netjer (Hm-nTr) se traduit habituellement par « prêtre », mais elle signifie littéralement « serviteur de dieu » (expression traduite par les Grecs : prophète) et tous ceux à qui elle s'applique n'ont pas forcément de formation en théologie. Une chose est sûre : le culte et les services qu'ils pratiquent n'ont rien à voir avec ceux effectués par les prêtres des religions d'aujourd'hui. Il est même possible que la plupart des serviteurs de dieu ne participent à aucune sorte de rituel au temple.


Les purifiés

Pharaon est le premier des prêtres. Il nomme les dirigeants des grands sanctuaires car il lui faut contrôler ce clergé puissant, véritables dynasties dans lesquelles les prêtres héritent de la charge de père en fils. Le prêtre nouvellement investi doit justifier de solides connaissances théologiques, médicales et astronomiques. Ainsi les prêtres de Rê ont la réputation d'avoir été particulièrement versés dans la connaissance du ciel. Grâce à leur bibliothèque, les temples des dieux sont aussi ceux de la connaissance.

Présidant aux destinées du temple, veillant à la célébration du rituel quotidien, administrant les terres du dieu, les prêtres forment dans la société une caste privilégiée, soigneusement hiérarchisée .

La plupart des prêtres ont très peu de contact avec la statue cultuelle de la divinité, haut lieu d'un temple. En effet, cette statue fait l'objet des plus importants rites du temple, réservés à Pharaon et aux prêtres de rang le plus élevé. Les reliefs des temples peuvent prêter à confusion puisque seul le roi est digne d'être représenté debout face à une divinité ; les prêtres ne sont jamais représentés faisant des offrandes aux dieux.

(Vue du lac sacré d'Amon à Karnak. Il servait essentiellement aux ablutions rituelles des prêtres.)

Toutes les personnes qui travaillent au temple doivent être rituellement pures. En fait, le titre le plus répandu est celui de prêtre ouêb. Au ve siècle avant Jésus-Christ, l'historien grec Hérodote déclare que les prêtres égyptiens se lavent deux fois par jour et deux fois par nuit, qu'ils se rasent la totalité du corps, qu'ils sont circoncis, qu'ils s'abstiennent de toute relation sexuelle plusieurs jours avant d'entrer dans le temple, qu'ils ne portent pas de vêtement en laine ni en cuir, et qu'ils sont chaussés de sandales en papyrus. De plus, il semble que les prêtres soient obligés de se rincer la bouche avec une solution de natron (composé naturel de carbonate de sodium et de bicarbonate que l'on trouve sous forme de cristaux en bordure de certains lacs) et de s'enduire le corps d'huile. Un document judiciaire aujourd'hui conservé au Musée de Turin raconte le procès d'un prêtre ouêb de Khnoum : ayant juré de ne pas pénétrer dans le temple d'Éléphantine (Abou) avant d'avoir bu du natron pendant dix jours, il y est entré au bout de seulement sept jours et il est donc considéré rituellement impur.

Un système de roulement

Le nombre d'employés dépend de la taille du temple, qui à son tour dépend du statut de la divinité à qui il est dédié et de la taille de la ville où il se situe. Tout au long de l'histoire égyptienne, la plupart des prêtres sont des personnes qui ont une profession différente la majeure partie de l'année. Un système de rotation divise les prêtres de chaque temple en quatre équipes, les quatre phylés (mot grec). Les membres de chaque groupe effectuent leurs tâches au sein du temple pendant un mois, puis retournent à leurs occupations pendant les trois mois suivants ; ils sont ainsi au service du temple trois mois dans l'année. À la fin de chaque période d'un mois, on dresse un inventaire que l'on note sur du papyrus ou des panneaux de bois.

Hiérarchie

Les collèges sont placés sous l'autorité d'un grand-prêtre qui porte, plutôt qu'un titre, une épithète spécifique :

- le pontife d'Héliopolis (Per-Rê ou Iounou) est qualifié de « Plus Grand des Voyants de Rê »,
- celui de Memphis (Men-nefer) de « Chef des Artisans »,
- celui d'Hermopolis Parva, Magna (Per Zehouti, Khemenou) de « Grand des Cinq de la Maison de Thot »,
et à Karnak « Celui qui ouvre les Deux Portes du Ciel ».


Statue d'un prêtre agenouillé derrière un représentation du dieu Amon

Sur l'épaule de ce prêtre (Penmerneb)), on découvre un “tatouage” d'Amon. Il est agenouillé derrière une représentation du dieu. Comme souvent, la statue est accompagné d'une inscription.
Nouvel Empire - Photo : © Musée égyptien du Caire

Le grand prêtre de Ptah à Memphis est prêtre sem. Lors des rites funéraires, le prêtre Sem avait pour tâche de revitaliser le corps momifié du pharaon dans le rituel appelé « Ouverture de la bouche ». Si le défunt était son prédécesseur, le nouveau pharaon supervisait la cérémonie vêtu de la tenue du prêtre Sem.

Les prêtres du haut clergé attachés à un temple sont organisés en quatre collèges (déjà évoqués) qui se relayent chaque mois au service du dieu. On trouve parmi eux des “spécialistes” :

- les prêtres ritualistes (xr(y).w-Hb.t), littéralement « ceux qui sont sous le rituel », chargés de lire les glorifications lors des cérémonies funéraires ;
- le prêtre astronome, qui détermine le bon moment pour lancer les cérémonies ;
- le prêtre hémérologue, capable de distinguer le caractère faste ou néfaste des jours de l'année ;
certains, réputés doués de talents surnaturels, jouent un rôle d'exorciste et de magicien, voire de médecin dans les villes et les villages.

Au bas de la hiérarchie, on trouve les prêtres ouâb (wab), littéralement « prêtres purs », car la propreté corporelle était un devoir de leur charge. Ainsi, raser ses cheveux est une marque distinctive pour les prêtres qui soulignent ainsi leur recherche de pureté, de même que l'épilation quotidienne.

Les prêtres sont assistés de clercs, les “purificateurs”, chargés de préparer la nourriture offerte au dieu, mais aussi de musiciens et de chanteuses voués à sa distraction.

Lorsqu'ils ne sont pas de service, les prêtres s'occupent des domaines que le pharaon leur a confiés.


Fonction

Dans la pensée égyptienne, les dieux façonnent la Terre et y établissent un ordre harmonieux (Maât) permettant au miracle de la vie de s'accomplir jour après jour. C'est au seul pharaon, descendant des dieux, que revient la tâche d'assurer la pérennité de cette harmonie et de combattre les forces du Mal qui cherchent continuellement à la briser. Pharaon est le seul intermédiaire entre les divinités et les mortels. L'entretien de l'harmonie divine exigeant de nombreux cultes journaliers à travers tout le pays d'Égypte, le pharaon ne peut en assurer seul l'exécution matérielle. C'est là le rôle fondamental du prêtre : suppléer Pharaon dans l'exécution matérielle des rites quotidiens.

En ce sens, le prêtre n'était qu'un fonctionnaire agissant au nom du roi et pouvait donc, en dehors des périodes où il exerçait son office, mener une vie normale, notamment sur le plan familial.

Pharaon est aussi un des premiers à s'inquiéter du sens de ses rêves. Il confie donc à un prêtre lecteur, personnage très important, leur interprétation qui peut déterminer la politique de l'État.

La diversité des tâches

Au sommet de la hiérarchie, le seul homme qui puisse approcher de près le dieu est le Grand Prêtre (Pharaon ou son représentant).

Son adjoint est le Second Prophète, qui est chargé de l'organisation économique du temple. Il suit l'approvisionnement en provenance des domaines et les dotations, et veille à ce que la bonne quantité d'offrandes soit livrée chaque jour. Il est entouré de nombreux administrateurs.

La plupart des prêtres sont employés à l'entretien et à la sécurité du temple. Ils s'occupent des ateliers, des magasins, des bibliothèques et autres edifices apparentés, et jouent le rôle de gardiens et de portiers.

Les tâches quotidiennes de toilette, d'habillage et d'alimentation de la statue cultuelle (sous la houlette du Grand Prêtre) sont les prêtres stolistes. Ils travaillent en collaboration avec les prêtres lecteurs, qui ont pour fonction de lire les paroles divines. Lors de rites importants, ces derniers récitent les formules magiques, et notamment les incantations du Livre des Morts pendant la momification des défunts.

(Deux représentations du prêtre SemÀ gauche, barque portée par des prêtres parmi lesquel on reconnaît un prêtre Sem à son vêtement en peau de léopard, symbole de la fonction sacerdotale.
À droite, cette peinture de la tombe de Khonsou à Abd el Gournah (Thèbes-ouest) représente un prêtre Sem encensant Osiris le dieu des morts, suivi d'Anubis, patron des embaumeurs et gardien des nécropoles.
Ce prêtre jouait un rôle primordial puisqu'il était chargé du rite de l'ouverture de la bouche lors des funérailles.)

Le prêtre Sem (que nous connaissons déjà), reconnaissable à sa peau de léopard sur les représentations joue aussi un rôle très important lors des rites funéraires. Cette fonction se développe durant le Nouvel Empire à partir des tâches traditionnellesment effectuées par le fils aîné lors des funérailles de son père. Il y a notamment les derniers rites de purification et la cérémonie de l'Ouverture de la bouche, pratiquée sur le corps momifié afin de rétablir ses sens et de permettre la renaissance du défunt.

Toutes les personnes qui travaillent dans l'enceinte du temple doivent jurer de ne jamais divulguer les secrets et les mystères du temple, et sont considérées comme ayant une position privilégiée.

Le prêtre égyptien : un officier de justice

Moins connue, la fonction judiciaire des prêtres découle, surtout à partir du Nouvel Empire, du développement de leurs activités prophétiques et oraculaires. Nombre des questions que le peuple posait aux divinités par l'intermédiaire de leurs desservants concernaient en effet des règlements judiciaires. Et l'on constate que l'habitude de faire appel à des prêtres à côté des fonctionnaires royaux dans les tribunaux urbains se généralise à partir du règne d'Horemheb (XVIIIe dynastie).

À la Basse Époque, il était même courant de recourir exclusivement aux tribunaux “ecclésiastiques” pour régler certains différends. Les propylées [2] des temples sont ainsi « les portes où l'on rend la justice » et deviennent les lieux « où l'on entend les requêtes de tous les plaignants, où l'on juge les faibles et les puissants, pour distinguer la justice de l'iniquité ».

Le serviteur du « ka » et le culte funéraire

Les funérailles accomplies, le défunt avait accès à une nouvelle forme de vie. Tout n'était pourtant pas fini, car, pour les Égyptiens, rien n'était jamais définitif. Si le mort était bien devenu un akh [3], il devait être maintenu dans cet état par les vivants qui devaient, à cette fin, pourvoir sans cesse son ka en offrandes. Aussi les riches Égyptiens (et les pharaons) employaient-ils des hem-ka, des « serviteurs du ka ». Ces prêtres funéraires perpétuaient le culte mortuaire et veillaient à l'approvisionnement du mort.


(Scène de repas funéraire
IIe dynastie - Musée égyptien de Munich)

Cependant, la multiplication des cultes à assurer devenant une charge trop lourde pour les descendants, on institua dès la IVe dynastie un système de fondations funéraires. De son vivant, l'Égyptien choisissait parmi ses terres une parcelle qu'il confiait à un hem-ka. Grâce aux revenus de cette terre, celui-ci fournissait au défunt les offrandes dont il avait besoin et assurait du même coup sa propre subsistance. Le pharaon étant à l'origine le seul propriétaire du sol égyptien, c'est lui qui, aux époques anciennes, accordait le droit d'avoir une fondation funéraire. Dans la majorité des cas, c'était le fils du mort qui jouait le rôle de prêtre funéraire. Cette organisation peut surprendre, mais il ne faut pas oublier que les prêtres égyptiens (à l'exception des grands prêtres) n'officiaient pas “à plein temps”. Dans les temples il existait un roulement, et des équipes de prêtres se relayaient durant l'année. Un fils pouvait donc très bien devenir prêtre funéraire. En revanche, les postes importants, comme celui de vizir ou de gouverneur, présentaient des avantages comme la mise à disposition de plusieurs prêtres funéraires qui se remplaçaient et qui, en dehors de leur service mortuaire, avaient d'autres activités (artisan, scribe, …).

Les prêtres des dieux sont aussi mis à contribution

Au Moyen Empire, cependant, un nouvel usage se fit jour. En effet, quand un prêtre funéraire mourait, il léguait à ses fils la fondation pour laquelle il travaillait, et les terres étaient donc partagées entre les différents héritiers. On imposa alors à ces prêtres la signature de contrats les obligeant à ne léguer la fondation qu'à leur fils aîné. Les Égyptiens, peu rassurés, prirent malgré tout des précautions supplémentaires, et certains firent déposer dans un temple une statue à leur effigie. Cette pratique, qui se développa au Nouvel Empire, leur permettait de bénéficier des offrandes consacrées journellement par les prêtres aux dieux.

Rituel ou culte divin

La divinité est présente dans son temple, pendant le jour, immanente en sa statue : c'est un être matériellement vivant, vulnérable comme un homme et pourvu des mêmes appétits que lui [4] ; le rôle des prêtres consiste à maintenir cette statue et son occupant tout-puissant en bonne forme.

Les prêtres commencent leur journée de culte par un bain matinal purificateur. Puis ils se dirigent en procession vers le cœur du temple pour réveiller le dieu qui sommeille dans l'obscurité du sanctuaire.

Sous la conduite du grand prêtre, le rituel commence au moment où le soleil paraît à l'horizon. Il faut d'abord briser le cachet d'argile qui scelle la porte chaque soir, avant d'ouvrir ses battants. Le grand prêtre lève ses mains vers la statue pour « rendre son âme » au dieu et prononce une formule consacrée : "Éveille-toi, grand dieu, éveille-toi en paix !" Puis il dispose alors devant le dieu les offrandes de nourriture qui lui ont été préparées : pain, oignons, salades, viande de bœuf, bière et vin. Lorsque le dieu a consommé la matière invisible des aliments, ceux-ci sont répartis entre les autres dieux du temple, puis consommés par les prêtres.

Lorsque le prêtre accomplit ces gestes, c'est en fait Pharaon, et toute l'Égypte derrière lui, qui se fait alors l'entier serviteur du dieu. Qu'il soit prêtre, ou qu'il s'agisse de Pharaon en personne, l'officiant se tient debout devant l'autel, les pieds nus afin de ne pas souiller les lieux de ses semelles. Il tient le sceptre kherep de consécration, la massue hedj, traditionnelle dans ce genre de cérémonie, et étend la main au-dessus des offrandes. Succédant au déjeuner, viennent l'habillage et l'onction du dieu pour le protéger de toute atteinte extérieure et de tout impureté qui pourrait réduire son efficience terrestre.

En partant, on balaie les traces de pas sur le sol.

À cette cérémonie quotidienne viennent s'ajouter deux autres rendez-vous avec le dieu, le midi et le soir. Mais on se contente là de gestes rituels, aspersions d'eau et fumigations d'encens, à l'extérieur du sanctuaire : il faut honorer le dieu, mais sans le déranger dans sa méditation.


Conditions et modalités d'accès à la prêtrise

Si les conditions d'accès à la prêtrise semblent avoir essentiellement consisté à respecter un certain nombre de critères de pureté physique, l'obtention d'un titre parmi les plus hautes fonctions sacerdotales n'était pas aussi simple.

D'abord, si aucune formation particulière n'était manifestement exigée pour devenir prêtre ouâb, il n'en allait pas de même pour certains postes, comme celui de prêtre lecteur qui impliquait de savoir manier la langue sacrée des hiéroglyphes et d'en maîtriser la force magique. Mais, surtout, l'accès à la prêtrise, en particulier aux plus hautes charges, conférant un statut privilégié dans la société, la classe sacerdotale est restée tout au long de l'histoire égyptienne globalement fermée et a fait l'objet de nombreuses convoitises.

La transmission héréditaire semble donc être le moyen d'accès à la prêtrise qui a le mieux fonctionné, mais, en particulier quand les « droits » de l'hérédité ne suffisaient pas, il existait d'autres formes de recrutement, comme la cooptation ou l'achat de charges, surtout aux époques tardives.

Enfin, il ne faut pas oublier que les officiers ne recevaient leur fonction que par délégation du pharaon, qui, à tout moment, pouvait intervenir dans la désignation des prêtres, surtout quand il s'agissait de contrôler le pouvoir politique et économique que conféraient les plus hautes charges sacerdotales. La plupart du temps, ces désignations ne semblent pas avoir posé de problèmes majeurs, le roi conciliant le principe de la récompense aux familles qui lui étaient dévouées et celui de la satisfaction des dignitaires locaux.


Les avantages économiques de la prêtrise

La puissance du clergé relevait avant tout du domaine économique. Les temples, dont les situations particulières étaient néanmoins très disparates, étaient en effet, grâce aux donations, de grands propriétaires fonciers, ce qui leur conférait une puissance certaine. C'est ainsi qu'à l'époque de Ramsès III les temples de Thèbes possédaient, selon le papyrus Marris I, près de 2 400 km2 de champs et plus de 400 000 têtes de bétail. Les domaines sacrés, parfois extrêmement étendus, assuraient la vie et le rituel du temple.

Le culte quotidien étant en fait tourné surtout vers la satisfaction alimentaire des divinités, la nourriture était offerte en abondance sur les différents autels des sanctuaires. Une fois présentées aux dieux, ces offrandes, souvent somptueuses, pouvaient être redistribuées au personnel des temples. Ce système est appelé « réversion des offrandes ». Dans une société où régnait la rémunération en nature - la monnaie n'existait pas en Égypte avant l'arrivée des Grecs -, cette redistribution alimentaire pouvait apparaître comme un réel avantage, surtout en ce qui concerne certains produits, comme la viande, dont la consommation était par ailleurs assez rare. Ainsi, sous le Nouvel Empire, la dîme et les butins de guerre apportent de tels revenus aux temples que certaines personnes achètent leur titre de prêtre.

En outre, les prêtres sont exonérés de certains impôts et sont souvent exemptés de tâches faisant partie du service obligatoire, en particulier l'excavation de canaux d'irrigation.

Un rôle politique parfois actif

Conséquence directe de cet accès à la connaissance et du contrôle exercé sur une part importante des ressources économiques, les grands prêtres se trouvaient, dans un pays où politique et religion étaient intimement liées, au sommet de la hiérarchie sociale. Les plus importants exerçaient une réelle influence sur les décisions royales, et certains pouvaient même participer officiellement aux conseils de l'État ou accompagner le pharaon dans ses voyages.

À certaines époques, notamment à partir du Nouvel Empire, la puissance du clergé était telle que ses membres les plus importants pouvaient influer directement sur le choix d'un nouveau roi - en particulier par le biais de la pratique de « l'oracle de la barque », surtout quand la succession ne s'imposait pas par les critères héréditaires et même, au début de la Troisième Période intermédiaire, dans la région thébaine monopoliser le pouvoir à leur profit.

À la fin de la XVIIIe dynastie, le règne du prêtre Ay avait du reste établi un précédent, certes bref, mais révélateur de la puissance qu'avait désormais le clergé d'Amon.


Source : Immortelleegypte.com
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