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 Le retour de Bride de Mara Freeman

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Diana


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MessageSujet: Le retour de Bride de Mara Freeman   Lun 12 Aoû 2013 - 8:52



La Cailleach Bheur (kal-yakh vîr) était la vieille femme de l’hiver en Écosse. Elle était très grande et très vieille, et tout le monde avait très peur d’elle. Son visage était bleu et elle n’avait qu’un seul œil. Ses dents étaient rouges comme de la rouille, et ses cheveux blancs étaient longs comme une fougère recouverte de neige. Quand elle était en colère elle était aussi féroce que le vent du nord, et elle rugissait comme l’océan déchaîné. Chaque automne elle frappait le sol de son marteau magique et changeait l’herbe en lames de glace.

Tout au long de l’hiver, la Cailleach gardait captive une belle et jeune princesse du nom de Bride. Elle était jalouse de sa beauté, lui donnait des haillons pour se vêtir, et la faisait travailler dans la cuisine de son château, dans les montagnes. La jeune fille devait accomplir les tâches les plus serviles, et la Cailleach la tançait constamment. La vie de Bride était vraiment malheureuse. La Cailleach Bheur gardait Bride captive, parce que son fils préféré, qui s’appelait Angus-le-Toujours- Jeune, était tombé amoureux d’elle. Angus vivait dans l’île verte Occidentale, aussi nommé le pays de jeunesse, et il ne vieillissait jamais. La Cailleach savait que s’il épousait Bride, il serait à même de prendre sa place comme Roi de l’Été, et Bride serait sa reine. Alors le règne de Cailleach toucherait à sa fin.

Angus regarda dans le puits de jeunesse qui se trouve au coeur de l’île verte. Il vit des orages et il vit des vents, puis il vit Bride seule pleurant dans le château où elle était prisonnière. Il alla sans délai voir le Roi de l’île Verte, et dit : « Je dois aller tout de suite la libérer ! » Mais le Roi de l’île Verte dit : « Tu ne peux y aller maintenant, Angus, car Février, le mois du loup, est venu, et incertaine est l’humeur du loup.

Attends un peu que l’herbe recommence à pousser et que les fleurs s’épanouissent ; alors tu libéreras Bride. » Mais Angus dit : « Je lancerai un enchantement sur l’océan et un enchantement sur la terre, et j’emprunterai, pour février, trois jours à août. » Et il emprunta trois jours à août, et le soleil sortit et brilla comme de l’or pâle sur la montagne et la vallée, tandis que la mer était lisse comme du petit lait. Angus monta sur son cheval blanc et chevaucha vers l’est, jusqu’en Écosse, traversant les îles et le Minch, de jour comme de nuit, et il atteignit les monts Grampians quand l’aube poignit. Tandis qu’il chevauchait, sa robe royale s’écarta, inondant les montagnes de lumière.

Pendant trois jours, Angus parcourut la contrée, mais il ne trouva pas Bride. Un jour qu’il traver¬sait une forêt épaisse et enchevêtrée, il enten¬dit une voix douce et triste qui chantait parmi les arbres lointains. C’était Bride dans les bois, près du château, où la Cailleach l’avait envoyée chercher du bois pour le feu. Angus regarda la jeune fille qu’il n’avait jamais vu qu’en vision, et l’appela par son nom. Quand elle leva les yeux et le vit, ce fut comme si le soleil perçait la glace autour de son cœur geler. Elle se réchauffa de son regard, et ses mots d’amour firent fondre tous ses chagrins. Angus dit : « Je suis venu pour vous délivrer de la Cailleach Bheur, qui vous a retenu prisonnière tout un hiver. » Bride répondit : « Pour moi c’est un jour de grande allégresse. » Angus dit : « Désormais, ce sera un jour de grande joie aussi pour tous ceux qui vivent en Écosse. » Car le jour où Angus rencontra Bride, était la première visite du printemps, qui fut toujours appelé par la suite « la fête de Bride ».

La terre dure commençait à dégeler, et des brins d’herbe nouvelle commençaient à percer le sol ameublit. Des primevères jaunes pâles apparaissaient dans les bois et de jeunes feuilles se déployaient sur les branches, vertes et tendres. Mais le règne de la Cailleach n’était pas encore achevé. Quand elle découvrit ce qui était arrivé, elle et ses huit servantes sorcières montèrent sur leurs chèvres noires et hirsutes, et chevauchèrent à la rencontre d’Angus et de Bride, pour leur livrer bataille. Elle déchaîna d’abord le vent appelé le Sifflet, qui soufflait fort et strident, et faisait tomber des averses de grêlons froids. Il dura quatre jours et tua les moutons et leurs agneaux nouveau-nés sur les landes. Puis elle fit souffler le Vent au Bec Perçant, qui dura neuf jours et perça la terre jusqu’au coeur, piquant et mordant comme le dur bec d’un oiseau.

Enfin, elle fit s’élever le vent tourbillonnant qu’on appelle le Balayeur, dont les rafales tourbillonnantes arrachaient les branches des arbres bourgeonnants et les fleurs aux couleurs vives de leurs tiges. Angus se prit d’amitié pour les gens, dont les chevaux et le bétail mourrait de faim. Il repoussa les vieilles sorcières jusqu’au lointain Nord, où elles s’agitèrent et ragèrent comme des furies. Mais cette nuit la Cailleach Bheur prit trois nuits à l’hiver, qui n’avaient pas été utili¬sées, parce qu’Angus avait emprunté trois jours à août. Les trois jours d’hiver étaient les esprits de l’orage, et la Cailleach les déchaîna sur le pays, montés sur le dos de cochons noirs. Ils firent tomber la neige sur les champs fraîchement labourés, et soufflèrent le vent de la mort aux fenêtres des fermes, aux portes des étables.

Les rivières débordèrent, et beaucoup de gens furent noyés. Le jour où cela arriva, on l’appela le Jour des Trois Porcs. Puis un beau matin, début mars, la Cailleach vit Angus chevauchant hardiment à travers les collines sur son cheval blanc, dispersant ses servantes devant lui. Elle sentit avec certitude le flux de la vie parcourir les veines de la terre, et sut qu’elle n’avait pas la force de s’y opposer. Elle jeta à terre son marteau magique et devint une grosse pierre grise sur les pentes des montagnes, où elle fut contrainte de rester jusqu’au retour de l’hiver. Angus et Bride se marièrent, et partout où ils posaient le pied, des pissenlits sortaient, que l’on appela « les petits dentelés de Bride ». Comme ils chevauchaient à travers la Laude, la linotte chanta la beauté de Bride, aussi est-elle appelée « l’oiseau de Bride ». Quand ils arrivèrent sur le rivage de l’océan, le premier oiseau qui pépia de joie fut l’huitrier ; aussi l’appelle-t-on le « page de Bride ». Enfin le printemps était là.

Texte de Mara Freeman, extrait de son ouvrage Vivre la tradition celtique au fil des saisons.


Témoignage : Ambrosia
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