Wiccan Domhanda

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    Le monde a-t-il oublié Vénus, Aphrodite, Achtarout et Zohra ?

    Nemesis
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    Message par Nemesis le Ven 23 Déc 2016 - 0:21

    Troisième info du jour! Smile

    Randa Mirza a questionné les mythes et, en remontant aux origines de la région arabe, a démontré sa complexité. Son superbe travail, « Zohra n'est pas née en un jour », est exposé à la galerie Tanit jusqu'au 7 janvier.

    «Qu'est-ce qu'un mythe aujourd'hui?» demande Roland Barthes dans la partie théorique de ses Mythologies publiées en 1957. «Le mythe est une parole. Du grec mythos, fable ou récit, la mythologie caractérise l'ensemble des légendes propres à un peuple, une civilisation ou une religion.»
    Voilà. C'est à partir de ce point de départ que Randa Mirza a entrepris de questionner l'histoire de cette région arabe, de ses coutumes et de son regard sur la religion, non pour semer le doute ou par esprit critique, mais simplement pour mieux comprendre la richesse de l'histoire de cette Arabie ancienne. Plus de 360 déités ont disparu après la Jahiliya, époque polythéiste, et au XIXe siècle, l'orientalisme y a grandement contribué. Récemment, les jihadistes du groupe État islamique se sont acharnés à détruire systématiquement le peu d'héritage culturel provenant de cette période historique, principalement des sites archéologiques, des temples et des sculptures de dieux sémitiques.

    La guerre au polythéisme
    Le projet démarre donc en 2013, avec l'idée de représenter les mythes à l'aide de photos théâtrales. Mais très vite, cela prend une autre dimension. Mirza découvre le concept de diorama, qui était d'ailleurs utilisé dans le monde arabe au XXe siècle. La photographe renoue avec ces boîtes aux merveilles, Sandouk al-Ferjeh, objets privilégiés de conteurs ambulants dans le bassin méditerranéen. L'esthétique précinématographique s'y allie aux différentes formes d'expression, telles que la photographie, la vidéo, les arts de la scène et la sculpture. Le diorama, qui signifie «voir à travers», est un processus créé par Louis Daguerre, un des pionniers de la photographie. Il est souvent employé dans les musées pour représenter une époque ou une scène importante. Il était donc intéressant pour l'artiste de relier ces deux concepts.
    Zohra, qui n'est pas née en un jour, plonge dans les artefacts archéologiques du Proche-Orient, les écrits des anciens chroniqueurs musulmans, le Coran, la littérature arabe classique et le vaste domaine de la poésie préislamique pour déterrer ces contes mythologiques refoulés, cachés, dont on ne parle pas communément, de peur que cela ne crée un amalgame, une confusion avec les religions dominantes dans cette partie du monde.


    Punis parce qu'ils faisaient l'amour
    La démarche suivie était longue. Après une profonde recherche et en croisant les différents écrits, l'artiste photographe reçoit le prix Afac et un second du Mawrid al-Thaqafi, ce qui lui permet de réaliser son premier diorama au sujet d'Issaf et Naila. Par la suite, elle choisira six autres légendes à traiter. Randa Mirza s'attelle à la conception et, pour l'élaboration, fait appel à deux collaborateurs: Éric Deniaud, marionnettiste et sculpteur, et l'Italien Ricardo Clementi, concepteur de lumière. À eux trois, ils vont conjuguer leurs efforts et, à travers les sculptures en céramique de Deniaud, les paysages et les personnages pris en photos par Mirza et sérigraphiés sur plexi, et grâce enfin à l'éclairage de Clémenti, les mythes vont s'animer et prendre vie. Comme si le présent rejoignait le passé.

    Ainsi, le regard peut suivre les amours d'Issaf et Naila, ces deux déités qui existaient durant la période de la Jahiliya, et qui, après s'être réfugiés dans la Qaaba, ont été punis par Dieu parce qu'ils faisaient l'amour. Transformés en pierre, on les a séparés, puis enterrés, chacun d'un côté, sur deux collines. Dans ce diorama, on voit les gens allant et venant vers ces deux collines (al-Safa wal Marwa) pour leur rendre hommage. Ce rituel funéraire est repris dans l'islam. On fera aussi la connaissance de la Qaaba blanche, qui reproduit une des trois filles du grand Dieu que l'on confond avec son autre sœur al-Ezza. Dans le Coran, ces trois déesses sont également reprises dans Sourat al-Najm.
    L'année de l'éléphant est un autre diorama qui raconte la légende de l'éléphant Mahmoud parti en guerre avec une armée de soldats et qui s'est retrouvé s'inclinant devant la Qaaba. Outre le miroir et le bouclier avec la gazelle à deux têtes, ainsi que le diorama des dieux échus sur la plage, Mirza raconte aussi la légende de Zohra, qui a voulu rentrer au paradis avec le mot de passe emprunté aux anges déchus. Mais lorsqu'elle est arrivée, elle l'a oublié et s'est trouvée enfermée là-haut et devint l'astre Vénus.
    Des dieux et des astres qui reviennent visiter le monde par la magie de la photo de Randa Mirza.

    * Mar Mikhaël, imm. Kettaneh, près EDL. Horaires d'ouverture : du lundi au vendredi, de 11h à 19h. Tél. : 76/557662.

    http://www.lorientlejour.com/article/1023140/le-monde-a-t-il-oublie-venus-aphrodite-achtarout-et-zohra-.html

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