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 Dieux, déesses et festivals gaulois

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Carnun


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MessageSujet: Dieux, déesses et festivals gaulois   Mer 7 Juin 2017 - 16:28

Il y avait déjà eu un topic proche et très bien fait, mais je me permets d'en rajouter une très épaisse couche en dressant un bilan récapitulatif du panthéon gaulois, en parallèle aux adaptations locales et à l'étymologie probable, ainsi que des quatre principales fêtes qui rythmaient l'année.

Voici donc un petit point de vue sur les principales divinités gauloises attestées par l'épigraphie et la statuaire gallo-romaine. Je me suis inspiré pour les divisions tripartites d'une proposition de Steve Hansen (le créateur du Gaulois Moderne), à laquelle j'ai substitué les noms antiques. J'ai aussi mis la traduction possible de leurs noms, ainsi que, quand  c'était possible, leur équivalent probable dans les textes du Moyen-Age irlandais (Irl.) et de la Renaissance galloise (Gal.). Les mentions suivies d'un point d'interrogation sont sujettes à caution car étant des traductions non attestées ou des affirmations sans référence sourcée.
La difficulté de l'énumération tient au caractère non écrit de la religion gauloise ; tout ce qui est proposé ici ne date que de la période gallo-romaine, il n'y a aucune source antérieure fiable. Les noms réels sont inconnus et nous n'avons que ce qui semble être des surnoms (le Tonnant, le Bon Frappeur, la Dispensatrice) ; de plus un même dieu peut avoir plusieurs noms (Belenos-Grannos-Maponos), et un même nom peut servir à plus d'un dieu selon les variantes locales et les adaptations latines. Beaucoup de divinités sont attestées par un seul écrit, parfois parcellaire (*ernunnos, *atubodua), d'autres sont uniquement locales et non répertoriées ailleurs (Grannos, Arduinna, Vosegus).
Enfin les clichés ont la vie dure et le néo-druidisme ainsi que la Wicca dite Celtique véhiculent tant d'erreurs et de non vérités qu'elles ne facilitent pas l'étude réelle : ainsi la société celtique n'était pas pas matriarcale et dévouée au culte d'une déesse-mère unique ; les Celtes ne sont pas venus de l'Atlantide ; les druides ne pratiquaient pas de shamanisme ou de cultes secrets au pied des mégalithes ou au cœur des forêts, puisqu'ils étaient bien plus proches des brahmanes et célébraient donc dans de véritables sanctuaires aménagés avec 'temple', bosquet sacré et lieux pour les banquets rituels et les sacrifices ; pas d'animaux totem ; pas non plus de trois cercles de l'existence (Abred, Gwynfyd et Ceugant, pures inventions galloises du 18ème siècle), de tribann ou de triketra ; aucune trace non plus de célébrations d'équinoxes ou de solstices, ni d'ovates, corruption ignorante du mot grec 'ouateis', donc 'vate' ; pas plus que d'alphabet des arbres ou d'astrologie oghamique. Pour ce qui est des triades, elles ont existé dans une certaine mesure, même s'il n'y a pas de certitudes quand aux attributions réelles des différentes dieux. Elles devaient être liées aux trois 'castes' de la société celtique, très proche de la société aryenne en Inde, mais les triades défendues par les néo-druides sont plutôt d'inspiration chrétienne et maçonnique. Par contre il semble qu'on trouve des jumeaux typiquement indo-européens (Lugus et Smertrios seraient comme les Dioscures Castor et Pollux, ou les rois jutes Horsa et Hengest), encore à l'étude.

1. Dieux et déesses du monde phénoménologique :
- Grannos (le Barbu), seigneur de l'air, dieu solaire (avatar de Belenos?) et dieu guérisseur, honoré à Grand (Vosges).
- Taranis (le Tonnant), seigneur du ciel et des orages, dieu à la roue lié aux chênes et aux cerfs. On lui aurait sacrifié des victimes humaines. Dieu père, géniteur de Lugus.
- Belenos (le Brillant), seigneur de la lumière et/ou du feu (Irl. Bel ?), équivalent possible d'Apollon, peut-être honoré à Belotepnia (Beltaine), peut-être dans un sanctuaire au Mont St Michel qui possède nombre de ses attributs.

- Lugus (le Lumineux, ou le Noir, voire le Corbeau, ou d'une racine indo-européenne signifiant 'prêter serment'), seigneur du ciel lumineux, polytechnicien, sûrement roi des dieux, guerrier, chantre, magicien, dieu des techniques et des arts, du commerce, musicien. Ce doit être lui le 'Mercure gauloid' cité par CésarParfois accompagné d'un corbeau, il a donné son nom à Lyon, Leyde, Loudun. Selon certains scientifiques, il aurait été le dieu de la rive gauche de la Seine (Montagne Ste Geneviève), civilisée et lieu du rassemblement en société, tandis que son jumeau Smertrios aurait présidé à la rive droite, inculte et sauvage. Il serait aussi le frère de l'Aurore qui l'aide à se lever. (Irl. Lúgh Lámhfhada in Samhildánach, Lúgh au Long Bras, Gal. Llew Llaw Gyffes).
- Belisama (la Très Brillante), gardienne du foyer, des forgerons dans son aspect guerrier, mais aussi des arts et du tissage, christianisée en Ste Catherine. Parèdre de Belenos.
- Sirona (l'Etoile, ou bien d'une racine signifiant 'instiller goutte à goutte'), dame du ciel étoilé, de la lumière lunaire et du temps (?) ou bien déesse des eaux et liée au serpent ; elle pourrait être une inspiration locale pour la vouivre.

- Cernunnos (le Beau Cornu?), dieu de la chasse, de l'abondance et des animaux sauvages, aux bois de cerfs, ou aux cornes de bélier, voire de taureau ; sûrement aussi lié au monde souterrain. Contrairement à ce qu'on peut lire sur certains sites, il n'existe aucun mythe, aucune légende liés à ce dieu, d'ailleurs peut-être pré-celtique. Pas de lien avéré non plus avec Pan, cernunnos serait plus proche d'un Dionysos archaïque.
- Rosmerta (la Grande Dispensatrice, ou la Très Généreuse), déesse de l'abondance et de la fertilité, parèdre de Smertrios, on la retrouve en tenancière de pub dans harry Potter !
- Damona, ou Bormana (la Grande Vache), dame des sources et des rivières, déesse de la fertilité et de la guérison, parèdre de Borvo (Irl. Boand).

2. Dieux et déesses du monde naturel :
- Garganos (l'Avaleur?), seigneur des montagnes, mais plus sûrement un dieu solaire ou ardent, peut-être proche du Heraklès grec (peut-être une invention du 19è siècle basée sur une relecture du Gargantua de Rabelais, même s'il existe des Mont Gargan en France et en Italie).
- Acionna, protectrice des eaux (océans?).
- Litauis ou Letauia (la Large), protectrice de la terre ; rien à voir avec Litha, déesse germanique ; ici c'est le mot 'litaui', terre, territoire en gaulois. Déesse de la souveraineté, de la terre dans son aspect territorial et non nourricier.

- Nantosuelta (Vallée Chauffée par le Soleil?), dame de la nature, de la terre et du feu, ainsi que des rivières (parèdre de Sucellos).
- Borvo, ou Bormo (Eau Bouillonnante), dieu des eaux bouillonnantes et des lacs ; dieu guérisseur, serait le serpent à tête de bélier et/ou un équivalent d'Apollon.
- Arduinna (la Haute), dame des forêts, déesse locale des Ardennes, liée aux sangliers (classe sacerdotale) et aux ours (classe guerrière). Comme Vosegus dans les Vosges, on ne sait si la divinité a donné son nom au lieu ou l'inverse, mais elle ne semble avoir été honorée que dans cette région.

- Divona (la Divine, ou bien la Coulante), dame des eaux guérisseuses et des ondes divines (et des poissons?) ; on l'honorait auprès des sources, des coudes de rivières et des chutes d'eau. Son nom a donné des toponymes tels que Divonne, Dions, Devin (Bulgarie et Tchéquie).
- Epona (la Grande Jument), déesse des chevaux, donc révérée par l'aristocratie ; liée à Rigantona, la Grande Reine (Irl. Macha, Gal. Rhiannon), mais aussi à l'abondance (gerbe de blé). Il est possible qu'elle ait été une sorte de guide des morts vers l'autre monde. Seule déesse gauloise à être entrée dans le panthéon romain.
- Taruos Trigaranus (le Taureau aux Trois Grues), seigneur des oiseaux(???), symbole de la royauté et de la force, parfois avec trois cornes. Mythe perdu. Était-il l'amant de Sequana, épouse d'Esus ?

3. Dieux et déesses de l'activité humaine :
- Abellio (la Pomme ? le Pommier ?), seigneur de l'horticulture, surtout adoré au pied des Pyrénées françaises.
- Sucellos (le Bon Frappeur), seigneur champêtre des récoltes et des troupeaux, dispensateur d'aliments avec son chaudron et dont le maillet donne la mort ou rend la vie. Parfois accompagné d'un chien (animal asscié aux guerriers), était-il le Dis Pater, père de la nation gauloise dont parle César ? (Irl. Dagda).
- Abnoba (de disparaître ? découvrir?), dame de la chasse, appelée Diane de la Source, elle est la déesse de la source du Danube auquel elle aurait donné son nom (Donau, Dunav, etc).

- Gobannos (le Forgeron), dieu de la forge (Irl. Goibhniu, Gal. Gofannon)
- Brigantia (la Très Haute), protectrice des arts et techniques, de l'artisanat, liée au feu. Elle est devenue Ste Brigid de Kildare en Irlande.
- Esus (le Bon, le Maître, le Puissant? ou bien l'Ardent ?), seigneur du commerce, mais aussi des bûcherons et du feu (?). Parèdre de Sequana ?

- Camulos (le Champion?), seigneur de la guerre (Irl. Cumhal, père de Finn, Gal. Gwynn ap Nudd).
- Andarta, ou Andrasta (la Grande Ourse) parfois assimilée à Artio, protectrice des guerriers : l'ours étant l'animal du noble celte, par définition guerrier, comme dans le nom Arthur.
- Seguos (le Victorieux), seigneur des victoires (non attesté).

3. Dieux et déesses de l'humanité, des supplications, de l'univers :
- Teutatès, ou Toutatis (le Père de la Tribu), protecteur des hommes et juge des morts (?). C'est sûrement un nom générique, il est très possible que chaque tribu ait eu son teutatès dont le nom devait rester secret afin de s'attirer sa protection. Des héros irlandais prêtent ainsi serment : 'par le dieu de ma tribu'.
- (Dea) Matrona (la Grande Mère), protectrice des femmes (?), déesse tononymique de la rivière Marne, comme Sequana était celle de Seine.
- Maponos (le Grand Fils), seigneur de la jeunesse et protecteur des enfants, sûrement un autre épithète de Belenos, donc équivalent également à Apollon (Irl. Oengus Mac Óg, Gal. Mabon ap Modron ; même si la fête wiccane de Mabon a un beau nom brittonique, il n'a été collé à l'équinoxe d'automne que dans les années 70 par Aidan Kelly).

- (Dea) Aveta, une déesse mère associée à la guérison, surtout révérée près de Trèves en Allemagne.
- Nemetona, déesse de l'étude (?), son nom est liée aux lieux sacrés (nemeton), surtout adorée en Gaule orientale.
- Ogmios (le Chemin ? Le Conducteur?), dieu de l'éloquence, sorte de Héraklès celtique dotée d'une massue et d'une grande force physique, lié à la fonction guerrière. On le représentait parfois comme retenant les hommes par des chaînes d'or allant de sa langue à leurs oreilles (Irl. Oghme, supposé être l'inventeur des oghams irlandais... mais ceci n'est que légende, les oghams étant sûrement des inventions chrétiennes destinées à transcrire la langue gaélique ; pas de magie, pas d'alphabet des arbres, on le rappelle).

Enfin trois dieux pas attestés du tout, mais bien commodes si l'on veut parler d'un monde des dieux comparable à celui des Scandinaves avec un arbre de vie (Prenos Biuiti) :
- Albrix (le Roi du Monde des dieux).
- Biturix (le Roi du Monde), seigneur du monde des vivants.
- Dubrix (le Roi Noir), seigneur du monde des morts, appelé l'Antumnos.

On pourrait rajouter :
- Anna (Irl. Danu, Anu, celle des Tuatha Dé), mère des dieux, liée aux milieux humides et devenue Ste Anne, même si sa présence toponymique en Bretagne viendrait plutôt de l'appellation locale des marécages que de la déesse elle-même.
- Catubodua (Corneille des Batailles,), déesse guerrière équivalente de la Badb Catha irlandaise, une variante de la Mórríoghain (Grande reine).
- Vosegus, dieu tutélaire des Vosges.
- Sequana (de 'secua', sacrée), déesse des sources de la Seine.
- Smertrios (le Pourvoyeur), parèdre de Rosmerta et possible jumeau de Lugus.

Pour finir voici les quatre grandes fêtes du calendrier celtique.
L'erreur du néo-paganisme est de faire reposer les dates des fêtes sur le calendrier grégorien, par définition chrétien, alors que le calendrier gaulois était luni-solaire et les dates pouvaient varier de plus d'un mois en cinq ans. Les noms de ces 'sabbats' dans la Wicca sont les correspondances irlandaises modernes. Voici leurs noms gaulois reconstruits (seul le nom de Samonios est attesté par le calendrier de Coligny!) :
- Samonios (de 'samo', été, ou de 'samonion', réunion), mois de novembre. Considéré comme le Nouvel An celtique, il se déroulait sur trois jours (Tri Nox Samoni). Des savants modernes le placent plutôt vers mi-juin (Irl. Samhain)
- Imbiuolcos ou Imbiuolcaia (Lustration?), autour du 1er février, lié à Brigantia, c'est la période de la fonte des neiges et du retour de la lumière, donc de la purification après l'hiver où l'on peut à nouveau sortir les bêtes. Apparemment peu célébrée, elle serait devenue la Chandeleur. (Irl. Imbolc)
- Belotepnia ou Belotenia ou encore Beltan (Feu Brillant ou Feu de Bel(enos) ?), entre fin avril et mi-juin, passage de la saison sombre à la saison claire (Irl. Beltaine)
- Luginaissatis (Assemblée de Lugus), entre fin juillet et mi-août (Assomption?), pendant la période des récoltes, elle célèbre le chef de la tribu comme distributeur des richesses (Irl. Lughnasadh)


Dernière édition par Carnun le Jeu 8 Juin 2017 - 15:50, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Dieux, déesses et festivals gaulois   Mer 7 Juin 2017 - 20:56

Merci beaucoup pour ce poste très intéressant Smile
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Nemesis


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MessageSujet: Re: Dieux, déesses et festivals gaulois   Jeu 8 Juin 2017 - 0:04

Très intéressant! Mais comment ça se fait qu'il y ait de telles similitudes avec les indiens, plus que les autres? Ce sont-ils séparés plus tardivement que les autres peuples?
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Carnun


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MessageSujet: Re: Dieux, déesses et festivals gaulois   Lun 12 Juin 2017 - 18:45

Les liens entre Hindouisme et Druidisme sont indéniables bien que mis au jour assez récemment grâce à l'étude comparée des religions indo-européennes. On a longtemps cru que les druides étaient des shamans, voire des lamas. Mais la mise au jour de sanctuaires gaulois, la mise en perspective des récits irlandais et des représentations divines rend ces positions intenables, résultant d'interprétations erronées. Ainsi la fameuse cueillette du gui avec une serpe d'or n'apparaît que dans un seul texte de Pline l'Ancien et aucune découverte ne vient corroborer cette pratique. Ça a pu exister, mais plus surement dans un bosquet reconstitué au sein un sanctuaire délimité et bien sûr avec une faucille de bronze ou de cuivre ; dont jusqu'à maintenant aucune tombe n'a donné d'exemplaire.
Pour les traits communs, il suffit de regarder les représentations de divers dieux ou héros, dont Cernunnos : assis en tailleur dans une attitude 'bouddhique' typique du Sage. Il y a aussi bien sûr la croyance en une certaine forme de réincarnation, côte à côte avec la croyance en un possible voyage vers une île paradisiaque, du moins pour les aristocrates, d'où leur mépris de la mort. La tenue cérémonielle blanche commune aux brahmanes et aux druides ; une tonsure et le fait qu'ils étaient à la fois prêtres, chantres et philosophes. L'idée que le monde disparaîtra dans le feu et l'eau, idée également présente dans l'Hindouisme. Beaucoup de dieux ont des traits communs ; on peut même comparer les Fomoriens irlandais avec le dieu hindou Varuna, dieu de la mort lié au ciel et à l'océan : les Fomoriens vivent sous la mer, symbole du monde des morts, il leur manque toujours un œil, une jambe, un bras, or Varuna est parfois symbolisé par un œil énorme muni d'un bras et d'une jambe. On a aussi avancé – sûrement à tort car dans un contexte néo-druidique actuel – que les celtes auraient été monothéistes, ou bien plutôt monistes comme l'est l'Hindouisme actuel. Ça paraît très improbable, mais il a pu exister à l'époque de la fin de l'indépendance une vision qui allait tendre au monisme et plus tard au monothéisme ; mais l'invasion romaine a stoppé le processus. De toutes façon il s'agit là d'un phénomène tardif et d'une époque où la société celtique prenait déjà ses distances avec les druides et leur enseignement en train de passer de mode dans un monde en pleine mutation dans tous les domaines ; les Romains n'ont fait que porter le coup de grâce à ce qui était déjà en marche, et ce coup a duré des siècles à s'imposer.
Mais il y a aussi des pratiques à rapprocher d'autres religions : l'exposition des guerriers tombés au combat afin d'être dévorés par les oiseaux qui emmènent leur âme vers le monde morts rappelle furieusement les tours du silence zoroastriennes.
La vraie question que tu poses, c'est de savoir expliquer ces liens, et là ça se corse : on peut seulement imaginer que la culture dite celtique qui se développe à partir du 8ème siècle avant notre ère à Hallstatt n'est que la mise en place d'une culture bien plus ancienne venue d'Asie Centrale. On sait que les Celtes ont dû faire partie d'anciennes populations des steppes, proches de la civilisation des kurgans, qu'ils ont côtoyé les Scythes et plus loin encore les Perses, les Mèdes, les Daces ; ils sont donc entrés en contact avec des pratiques bel et bien shamaniques dont on retrouve des bribes dans les pratiques bardiques ; mais ont-il pu dans ce contexte conserver des croyances indo-européennes archaïques dont l'Hindouisme serait le meilleur exemple ? C'est probable, et cela expliquerait la faible influence des autres religions européennes, grecques ou romaines.
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MessageSujet: Re: Dieux, déesses et festivals gaulois   Mer 14 Juin 2017 - 23:22

Merci pour ce poste qui rappelle quelque fondamentaux de manière simple et synthétique. Mais simplicité ne veut pas dire simplisme, surtout dans tes propos et c'est la une grande difficulté. On a parfois tendance à noyer des concepts compris superficiellement dans des théories dont on pense que plus elles sont complexes, plus elles seront crédibles...

Il y a juste deux réflexions qui me viennent et que j'aimerais soumettre:

Carnun a écrit:
[justify]
- Epona (la Grande Jument), déesse des chevaux, donc révérée par l'aristocratie ; liée à Rigantona, la Grande Reine (Irl. Macha, Gal. Rhiannon), mais aussi à l'abondance (gerbe de blé). Il est possible qu'elle ait été une sorte de guide des morts vers l'autre monde. Seule déesse gauloise à être entrée dans le panthéon romain.

Tu dis "révérée par l'aristocratie", or il me semble avoir compris qu'on la trouvait plutôt  dans des lieux modestes, voire répugnants comme les écuries. Elle serait d'ailleurs "entrée dans le panthéon romain" par le biais des cavaliers romains qui la vénéraient particulièrement. Mais il est vrai que de nombreux gaulois composaient également cette cavalerie, d'où la possible assimilation. Par ailleurs, les rares figurations que l'on a retrouvées sont assez rudimentaires et grossières qui témoignent d'un culte populaire plutôt qu'aristocratique.

Carnun a écrit:
[justify]- Imbiuolcos ou Imbiuolcaia (Lustration?), autour du 1er février, lié à Brigantia, c'est la période de la fonte des neiges et du retour de la lumière, donc de la purification après l'hiver où l'on peut à nouveau sortir les bêtes. Apparemment peu célébrée, elle serait devenue la Chandeleur. (Irl. Imbolc)

J'ai trouvé une étymologie de cette fête sous la forme d'ambiuolcios: ambi (autour de..) et uolcios (lavage, nettoyage). Ambiuolcios aurait le sens de "ce qui est autour du nettoyage par l'eau", ou "lustration". Ceci me convient mieux que "purification" qui renvoie à une notion binaire: il y a ce qui est pur et ce qui est impur. Je me décrète pur et si tu n'est pas comme moi, tu es donc impur... avec toutes les conséquences qui peuvent en découler. Nr'est-ce pas contradictoire avec ce fameux nombre Trois qui aurait été sacré pour les Celtes et qui encourage à dépasser toute dualité?
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Carnun


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MessageSujet: Re: Dieux, déesses et festivals gaulois   Jeu 15 Juin 2017 - 9:25

Oops c'est toi qui as raison... Il fallait bien lire 'lustration' et non 'purification', mes doigts ont été plus vite que ma pensée... C'est bien le moment du grand nettoyage de printemps, des écuries et des maisons après l'hiver. Je vais rectifier de suite.

Pour ce qui est d'Epona comme de tous les autres dieux, il est en effet quasiment impossible de savoir où et par qui elle était honorée : on l'associe généralement à l'aristocratie car le cheval leur était lié et son nom vient bien de 'epos', cheval de guerre (equus) et non de 'cavallos', cheval de travail, donc bel et bien un cheval noble. On la trouve à Alise-Sainte-Reine, le site d'Alésia, et le christianisme a fait d'elle une sainte. Mais était-elle révérée uniquement par les cavaliers ? Peut-être oui sous son aspect guerrier ; mais sûrement aussi par le peuple sous son aspect dispensateur.

Gwiddon a écrit:
simplicité ne veut pas dire simplisme
C'est certain ! Les étiquettes ne sont jamais bonnes, mais ici la difficulté a été de faire le tri et d'aller au plus près de ce que l'on sait, afin de donner un bilan plus accessible. Il y a une demande, y compris sur ce forum. Trop de gens sont perdus dans cette mythologie inconnue qui leur paraît absconse et illisible par ses confusions, paradoxes et contradictions, puis phagocytés par les délires néo-druidiques qui 'gaulisent' des faits irlandais ou hindouistes non attestés en Gaule. En mille ans d'histoire non-écrite, les cultes changent et se modifient, d'où la difficulté de mettre des étiquettes. J'ai essayé de les éviter, sans pour autant faire l'impasse sur les petites certitudes que l'on peut posséder. Les constatations citées ici sont surtout des faits datant de l'époque gallo-romaine, sans certitude par rapport à ce qui précédait ; d'où l'impression de simplification: dès que les Romains 'fixent' la foi, l'installent dans des temples en dur, la liberté et le flou de l'époque indépendante tendent à disparaître.
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MessageSujet: Re: Dieux, déesses et festivals gaulois   Jeu 15 Juin 2017 - 21:37

Carnun a écrit:
[justify]Ça paraît très improbable, mais il a pu exister à l'époque de la fin de l'indépendance une vision qui allait tendre au monisme et plus tard au monothéisme ; mais l'invasion romaine a stoppé le processus.
Fiou, heureusement qu'on a été là pour arrêter ça! lol L'ironie de la situation, c'est que quand les romains vont se christianiser, ceux qui vont faire barrage et défendre le polythéisme vont être les gaulois!^^ Voir la période de l'empereur Julien.
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